Ce que c’est
Un logiciel malveillant qui chiffre vos données et, de plus en plus souvent, les copie avant de les chiffrer pour faire pression avec la menace de les publier.
Cybersécurité
Un rançongiciel chiffre vos fichiers et exige un paiement pour vous les rendre. Pour une PME, le problème n’est presque jamais le chiffrement lui-même : c’est de découvrir, ce matin-là, que personne ne sait qui appelle qui, ni si les sauvegardes fonctionnent. Cette page décrit ce qui prévient une attaque, ce qui permet de la voir tôt, et l’ordre exact des gestes des premières heures.
Un rançongiciel se prépare avant qu’il arrive. Les organisations qui s’en remettent le mieux ne sont pas celles qui ont le plus d’outils : ce sont celles qui ont une sauvegarde hors de portée et testée, une détection capable d’isoler un poste, et une liste d’appels écrite qui reste lisible quand le réseau est coupé.
L’essentiel
Ce qui distingue une organisation qui repart d’une organisation qui négocie tient à trois choses, et aucune ne s’achète le matin de l’incident.
Un logiciel malveillant qui chiffre vos données et, de plus en plus souvent, les copie avant de les chiffrer pour faire pression avec la menace de les publier.
Toute organisation qui a des données dont l’absence arrête le travail, ce qui comprend les PME de quelques employés, les OBNL et les cabinets professionnels.
Avec une sauvegarde hors ligne testée, une détection sur les postes et un plan écrit, un incident devient une interruption gérée plutôt qu’une négociation avec un inconnu.
Comprendre
L’entrée se fait presque toujours par un des trois mêmes chemins : un courriel qui amène quelqu’un à ouvrir un fichier ou à donner son mot de passe, un accès distant exposé sur Internet avec un mot de passe faible et sans deuxième facteur, ou une faille non corrigée sur un serveur ou un équipement réseau visible depuis l’extérieur.
Ce qui suit l’entrée est moins connu, et c’est là que tout se joue. L’attaquant reste d’abord discret : il regarde, il élargit ses droits, il cherche les sauvegardes et il les supprime ou les chiffre en premier. Le chiffrement des fichiers, celui qu’on voit, arrive à la toute fin. Quand l’écran de rançon apparaît, l’intrus est déjà dans le réseau depuis un moment.
C’est la raison pour laquelle une sauvegarde branchée en permanence sur le réseau ne protège de rien, et pour laquelle la détection compte autant que la prévention : c’est pendant cette phase discrète qu’on peut encore arrêter l’attaque sans perdre de données.
Prévention
Aucune mesure prise seule n’est suffisante. Ce sont les mêmes six qui reviennent dans tous les mandats, parce qu’elles ferment les chemins d’entrée et coupent la propagation.
Ce que c’est. Au moins une copie que l’attaquant ne peut ni modifier ni supprimer avec les droits qu’il obtient sur le réseau, et une restauration éprouvée à intervalle régulier plutôt qu’un rapport vert qu’on ne vérifie jamais.
Ce que ça donne. La décision de payer ou non ne se pose plus dans les mêmes termes. C’est la mesure qui change le plus le déroulement d’un incident.
Ce que c’est. Un agent de détection sur chaque poste et chaque serveur, capable d’isoler une machine du réseau dès qu’un comportement de chiffrement massif est reconnu.
Ce que ça donne. L’attaque est arrêtée sur la première machine au lieu de se propager à toute l’organisation pendant la nuit.
Ce que c’est. Un deuxième facteur sur les courriels, sur le VPN, sur les accès distants et sur les consoles d’administration, sans exception pour les comptes de direction ou de service.
Ce que ça donne. Un mot de passe volé ne suffit plus pour ouvrir la porte, et c’est la porte la plus utilisée.
Ce que c’est. Les mises à jour des postes, des serveurs, des pare-feu et des logiciels tiers sont déployées selon un calendrier suivi, pas au moment où quelqu’un y pense.
Ce que ça donne. Les failles publiées, celles que les attaquants balayent en premier, ne restent pas ouvertes pendant des mois.
Ce que c’est. Personne ne travaille au quotidien avec un compte administrateur, et les comptes d’administration sont distincts, nommés et surveillés.
Ce que ça donne. Un poste infecté ne donne pas immédiatement les clés de tout le domaine.
Ce que c’est. Une page qui dit qui appeler, dans quel ordre, avec quels numéros, et où sont les copies des informations d’accès si le réseau est inaccessible.
Ce que ça donne. Les premières heures servent à agir plutôt qu’à chercher un numéro de téléphone dans une boîte de courriel qu’on ne peut plus ouvrir.
Les premières heures
L’ordre compte plus que la vitesse. Le Centre canadien pour la cybersécurité publie un guide public sur la prévention et le rétablissement en cas de rançongiciel, la fiche ITSAP.00.099, et recommande de ne pas payer la rançon. Voici la séquence qu’on applique.
Débranchez le réseau des machines touchées et coupez le lien vers Internet, mais n’éteignez pas les postes : la mémoire vive contient des traces utiles, et un redémarrage peut déclencher une seconde phase de chiffrement. Débranchez aussi tout disque de sauvegarde encore relié.
Votre fournisseur TI, la direction, puis votre assureur si vous avez une cyberassurance : plusieurs polices exigent d’être avisées avant toute intervention, sous peine de refus de couverture. Signalez ensuite l’incident aux autorités compétentes. Ne communiquez pas avec l’attaquant sans avoir pris ces appels.
Il faut savoir quelles machines sont touchées, par où l’entrée s’est faite et si des données ont été copiées avant d’être chiffrées. Restaurer sur un réseau où l’accès de l’attaquant est encore ouvert, c’est se faire chiffrer une deuxième fois.
Si des renseignements personnels sont en cause, la Loi 25 impose de consigner l’incident et d’aviser la Commission d’accès à l’information ainsi que les personnes concernées lorsqu’il y a un risque de préjudice sérieux. Cette évaluation se fait en parallèle de la remise en service, pas après.
On rebâtit les systèmes qui font tourner l’organisation en premier, à partir de copies vérifiées, sur un environnement assaini et avec les mots de passe changés. Les postes secondaires suivent.
Un compte rendu qui dit par où c’est entré, ce qui a fonctionné, ce qui a manqué et ce qui change ensuite. Sans ce document, la même faiblesse reste ouverte et l’assureur comme le client se retrouvent sans preuve.
Détection
Ces signaux apparaissent pendant la phase discrète, avant l’écran de rançon. Ce sont ceux qu’une surveillance continue permet de voir, et qu’une PME sans surveillance ne voit jamais.
Foire aux questions
On regarde vos sauvegardes, vos accès distants et vos droits d’administration, et on vous remet une liste de correctifs classée par urgence. Si vous êtes présentement en train de vivre un incident, appelez-nous plutôt que d’écrire.
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