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Guide pratique

Changer de fournisseur informatique sans casser vos opérations

La crainte qui retient la plupart des PME n’est pas le prix du changement, c’est le jour où plus rien ne fonctionne parce que l’ancien fournisseur est parti avant que le nouveau soit prêt. Cette peur est fondée, et elle a une réponse : un ordre. Voici ce qui vous appartient et doit vous être remis, le plan des 90 premiers jours, ce qu’il faut relire dans votre contrat actuel, et les cinq erreurs qui font mal tourner une transition.

Changer de fournisseur informatique se fait en 90 jours et dans cet ordre : signer avec le nouveau, récupérer la documentation et les comptes administrateurs, installer la surveillance, vérifier les sauvegardes par une vraie restauration, puis seulement basculer le support et fermer les anciens accès. Rien n’est coupé avant que son remplacement soit prouvé.

Les signes

Six signaux qui justifient de regarder ailleurs

Un mauvais mois ne justifie pas un changement. Un motif qui revient, oui. Chaque signal ci-dessous dit le symptôme, puis ce qu’il révèle vraiment.

01

Vous ne savez pas ce que vous payez

La facture change chaque mois sans que personne puisse expliquer l’écart, ou le forfait couvre des choses que vous n’utilisez plus.

Ce que ça révèle. Ce n’est pas un problème de prix, c’est un problème de transparence. Un fournisseur qui ne sait pas détailler sa propre facture ne sait probablement pas non plus détailler votre parc.

02

Personne ne vous appelle quand tout va bien

Vous n’avez de nouvelles que lorsque vous ouvrez un billet, et jamais de rencontre pour parler de l’année qui vient.

Ce que ça révèle. Vous payez une réparation, pas une gestion. C’est la différence entre un dépanneur et un partenaire, et elle se paie le jour d’une panne majeure.

03

Vos sauvegardes n’ont jamais été restaurées

On vous confirme que les sauvegardes fonctionnent, mais personne n’a jamais fait de restauration d’essai devant vous.

Ce que ça révèle. Une sauvegarde qui n’a jamais été restaurée n’est pas une sauvegarde, c’est une hypothèse. C’est le signal le plus grave de cette liste.

04

Les mêmes problèmes reviennent

Le même poste plante tous les mois, la même imprimante décroche, le même employé rappelle pour la même chose.

Ce que ça révèle. On traite les symptômes sans chercher la cause. Un fournisseur qui surveille vraiment voit revenir le motif avant vous.

05

Vous ne savez pas où sont vos données

Personne ne peut vous dire dans quel pays sont hébergées vos données et vos sauvegardes, ni qui détient les comptes administrateurs.

Ce que ça révèle. Devant la Commission d’accès à l’information, la responsabilité reste la vôtre. Voir nos obligations Loi 25 expliquées.

06

La documentation n’existe pas

Quand vous demandez le schéma de votre réseau ou la liste de vos licences, on vous répond que « c’est dans la tête » de quelqu’un.

Ce que ça révèle. Vous êtes captif sans l’avoir choisi. La documentation de votre environnement vous appartient, et son absence est en soi une raison de partir.

Ce qui vous appartient

Six choses que votre fournisseur actuel doit vous remettre

Ce ne sont pas des faveurs à négocier au départ, ce sont vos biens. Un contrat sérieux le dit noir sur blanc dans ses modalités de fin d’entente. Demandez-les pendant que la relation est encore correcte, pas après l’avis de résiliation.

  1. La documentation de votre environnement. Schéma réseau, inventaire du parc, liste des licences, procédures. C’est votre propriété, pas celle du fournisseur.
  2. Les comptes administrateurs. Microsoft 365, pare-feu, serveurs, antivirus, sauvegarde. Vous devez en être propriétaire, avec au moins un compte de secours que vous seul contrôlez.
  3. Votre nom de domaine et votre DNS. Le domaine doit être enregistré à votre nom, pas à celui du fournisseur. C’est l’erreur la plus coûteuse à réparer après coup.
  4. Vos licences logicielles. Achetées pour vous, elles restent à vous. Vérifiez sous quel abonnement partenaire elles sont rattachées et comment elles se transfèrent.
  5. Vos sauvegardes et leur historique. Pas seulement la dernière copie : la profondeur d’historique que vous payez depuis des années, et le moyen de la récupérer.
  6. Les contrats et garanties du matériel. Numéros de série, dates de fin de garantie, contrats de support des équipements réseau.
Le test en une question. Demandez aujourd’hui à votre fournisseur le schéma de votre réseau et la liste de vos comptes administrateurs. Le délai de sa réponse vous dit déjà où vous en êtes.

Le plan

Les 90 premiers jours, dans l’ordre qui évite la casse

Cet ordre n’a rien d’arbitraire. Chaque phase existe pour qu’on ne coupe jamais quelque chose avant d’avoir prouvé que son remplacement fonctionne.

01

Jours 1 à 30 : on regarde avant de toucher

Inventaire complet du parc, récupération de la documentation existante, prise de contrôle des comptes administrateurs. Aucun changement de configuration à cette étape. Le but est de savoir exactement ce que vous avez avant d’y toucher.

02

Jours 31 à 60 : on installe ce qui manque

Mise en place de la surveillance, vérification des sauvegardes par une vraie restauration d’essai, rattrapage des correctifs en retard. L’ancien fournisseur est encore en place : rien n’est coupé avant que son remplacement soit prouvé.

03

Jours 61 à 90 : on bascule et on ferme

Bascule de la ligne de support vers la nouvelle équipe, fermeture des anciens accès un par un et de façon tracée, puis remise du plan directeur des trois prochaines années.

Pendant ces 90 jours, vous payez deux fois. C’est le vrai coût d’un changement, et il faut le dire. Le chevauchement dure le temps du préavis inscrit à votre contrat. C’est le prix d’une transition sans interruption, et c’est moins cher qu’une reprise ratée.

Votre contrat actuel

Quatre clauses à relire avant d’annoncer quoi que ce soit

Relisez votre entente avant la première rencontre avec un autre fournisseur. Ces quatre points déterminent votre calendrier et votre marge de manœuvre.

  • Le préavis. Trente, soixante ou quatre-vingt-dix jours change tout votre échéancier
  • La reconduction automatique. Une date manquée peut vous engager pour une autre année
  • Les frais de fin d’entente. Désengagement, transfert, documentation facturée à la sortie
  • Ce qui vous est remis. La liste écrite de ce que le fournisseur doit vous rendre, et sous quel délai
Si ces clauses n’existent pas. Un contrat muet sur la sortie n’est pas rassurant, il est risqué. C’est aussi le premier point à vérifier dans la prochaine entente que vous signerez, chez nous ou ailleurs.

Les risques

Les cinq erreurs qui font mal tourner une transition

Elles reviennent presque toujours, et elles sont toutes évitables avec un peu d’ordre.

01

Donner votre avis de résiliation trop tôt

Tant que le nouveau fournisseur n’a pas récupéré les accès et la documentation, votre pouvoir de négociation est votre seul levier. Signez d’abord, avisez ensuite.

02

Découvrir une clause de sortie punitive

Préavis de plusieurs mois, frais de désengagement, documentation facturée à la sortie. Relisez votre contrat avant d’annoncer quoi que ce soit.

03

Laisser des accès ouverts

Un compte administrateur oublié chez l’ancien fournisseur est une porte ouverte. La fermeture doit être une liste écrite, cochée une par une, avec une date.

04

Basculer pendant votre période de pointe

Une transition demande de la disponibilité de votre côté aussi. Choisissez un creux d’activité, pas une fin d’année financière.

05

Changer sans écrire ce qui n’allait pas

Si les attentes ne sont pas écrites avant les rencontres, le nouveau fournisseur reproduira les mêmes angles morts que l’ancien. Voir les 12 critères de comparaison.

Pour aller plus loin. Avant de choisir, comparez les fournisseurs sur les 12 critères qui comptent, regardez ce qui compose le prix, et voyez comment nos services TI gérés sont structurés.

Foire aux questions

Questions fréquentes sur le changement de fournisseur informatique

Comment changer de fournisseur informatique sans interrompre les opérations ?
En planifiant la transition avant de signer, et en ne coupant rien tant que le remplacement n’est pas prouvé. Le nouveau fournisseur doit décrire ses 90 premiers jours : reprise de la documentation et des accès, installation de sa surveillance, vérification des sauvegardes par une vraie restauration, puis bascule du support. La plupart des mauvaises transitions viennent d’une reprise improvisée, pas du changement lui-même.
Quand faut-il donner son avis de résiliation à l’ancien fournisseur ?
Après avoir signé avec le nouveau, et après avoir vérifié le délai de préavis inscrit à votre contrat. Tant que la documentation et les comptes administrateurs ne sont pas récupérés, un avis donné trop tôt vous met en position de faiblesse.
Qu’est-ce que l’ancien fournisseur doit me remettre ?
La documentation de votre environnement, les comptes administrateurs de tous vos systèmes, vos licences, l’accès à vos sauvegardes et leur historique, et les informations de garantie de votre matériel. Tout cela vous appartient. Un contrat sérieux le dit explicitement dans ses modalités de fin d’entente.
Combien de temps prend une transition ?
Quatre-vingt-dix jours pour une PME ordinaire, dont les trente premiers ne servent qu’à comprendre l’existant. Un fournisseur qui promet une reprise en une semaine n’a pas prévu de vérifier vos sauvegardes.
Est-ce que je risque de perdre des données en changeant ?
Pas si l’ordre est respecté. Rien n’est migré ni coupé avant qu’une restauration d’essai ait prouvé que la sauvegarde fonctionne. Le risque réel n’est pas le changement, c’est de rester chez un fournisseur dont les sauvegardes n’ont jamais été testées.
Mon domaine et mes licences sont au nom du fournisseur, que faire ?
C’est fréquent et c’est réparable, mais ça se règle avant le départ, pas après. Le transfert d’un nom de domaine et le rattachement des licences à votre propre abonnement demandent la coopération de l’ancien fournisseur. Demandez-la pendant que la relation est encore correcte.
Faut-il tout changer d’un coup ?
Non. Beaucoup de PME commencent par la sécurité et la sauvegarde, gardent le reste quelques mois, puis basculent le support. C’est plus lent, mais ça réduit le nombre de choses qui peuvent mal tourner en même temps.

Parlons de votre situation actuelle

On regarde votre contrat, votre parc et votre calendrier, et on vous dit franchement si un changement se justifie. Si votre fournisseur actuel fait bien son travail, on vous le dira aussi.